« Regarde-moi : je suis la mer et la terre, le feu et le fer, les dieux et la foudre ! »

Les élèves de première ont pu enfin reprendre le chemin du théâtre et la saison s’est ouverte sous le signe du maléfice et des enchantements. La pièce mise en scène par Tommy Milliot leur a en effet permis d’assister à une métamorphose spectaculaire : une jeune femme fluette à la voix grêle, tout juste répudiée par son amant, s’est en effet muée sous nos yeux en terrible enchanteresse, capable de convoquer toutes les divinités de la nuit pour perpétrer une vengeance exemplaire. Celle qui a tout quitté pour Jason, père, frère, patrie, royauté, celle qui doit abandonner ses enfants, refuse de se soumettre : « Il me reste Médée ! » crie-t-elle, « Regarde-moi : je suis la mer et la terre, le feu et le fer, les dieux et la foudre. » Et cette seule parole suffit à faire entrevoir la puissance de cette femme qui sacrifie ses enfants à sa vengeance. Le décor extrêmement dépouillé de Tommy Milliot, qui transforme la scène en tableaux, a fait résonner encore plus fort les paroles du vieux philosophe latin, expert en âme humaine, capable de nous montrer comment de la douleur peut naître la fureur.